“Chez Compagnons du Devoir, notre effectif a doublé et nous attirons de nouveaux profils”

“Chez Compagnons du Devoir, notre effectif a doublé et nous attirons de nouveaux profils”

Les apprentis charpentiers des Compagnons du Devoir portent une section dédiée à la reproduction d'une partie de la charpente de Notre-Dame de Paris à l'échelle ¾.  Ateliers de Gennevilliers, septembre 2019.

Il forme de futurs menuisiers, couvreurs, plâtriers, serruriers, sculpteurs… L’effectif des Compagnons du Devoir a doublé en quatre ans, notamment grâce à l’arrivée d’un public plus qualifié en quête de reconversion, explique Patrick Chemin, le secrétaire. Général des Compagnons du Devoir et du Tour de France.

Voyez-vous un regain d’intérêt pour la formation manuelle ?

En quatre ans, nos effectifs ont doublé. De 5 500 en 2018, nous sommes passés à 11 000 en 2022. Cette augmentation est particulièrement sensible dans les métiers comme la menuiserie, la couverture ou le plâtre, où cette année la hausse a bondi de 11% à 25%. C’est un développement très fort.

Les raisons de cet engouement sont multiples et varient selon les personnages. Celles en bois, comme l’ébénisterie ou la menuiserie, ont toujours eu du succès, car la matière est noble et chaleureuse et parce que ces professionnels ont une image très positive auprès du public. Et puis, en France, il y a eu l’effet Notre-Dame. L’incendie de la cathédrale en 2019 a laissé une profonde impression : le drame a incité de nombreuses personnes à réfléchir à ce qu’elles veulent réaliser, à trouver du sens. Cela aurait pu être le déclencheur.

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Par la suite, divers métiers du bâtiment, comme l’artisanat de la couverture, de la maçonnerie et du stuc, ainsi que des métiers industriels, comme la mécanique de précision ou la maintenance, offrent de belles opportunités d’intégration et d’évolution. Les entreprises sont très demandées et les personnes qualifiées sont peu nombreuses. Ainsi, les jeunes diplômés peuvent s’intégrer facilement et selon leurs envies. Si l’artisan commence souvent au SMIC après avoir obtenu un CAP, les perspectives d’évolution sont bonnes. Le capitaine de l’équipe gagne 3 000 € par mois.

Avez-vous de nouveaux profils parmi vos stagiaires ?

Nous avons constaté une augmentation très significative de la demande d’un public d’adultes en recherche de reconversion professionnelle, avec un haut niveau de formation ou de compétences : PDG, professions médicales, ingénieurs… souvent âgés de 25-30 ans, et ils ont déjà Expérience professionnelle, mais toujours dans cette recherche de sens ils souhaitent s’orienter vers l’artisanat.

Il y a aussi des jeunes, entre 20 et 25 ans, qui, après plusieurs années dans l’enseignement supérieur, ont décidé d’emprunter une autre voie. Souvent, ils choisissent de commencer un cursus à l’université ou dans une école sous la pression familiale, car beaucoup de nos métiers souffrent d’une mauvaise image. À l’école, on dit aux mauvais élèves que s’ils ne réussissent pas mieux, ils finiront par devenir des bâtisseurs. Pourtant, c’est l’un des plus beaux métiers de la construction. Dans chaque poste, vous devez résoudre des problèmes différents et complexes, et vous devez avoir une bonne capacité d’analyse, de compréhension, d’adaptation, de prise de décision et d’encadrement d’une équipe. Entre 2019 et 2021, le nombre de jeunes entrant en apprentissage post-bac a bondi de plus de 100 %. C’est rarement le résultat d’un caprice, mais c’est un choix à long terme.

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