Formation continue : 15 ans de dysfonctionnement

Formation continue : 15 ans de dysfonctionnement

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Lors du “ftour débat” de mardi dernier à Casablanca, Karim Cheikh, président du GIMAS (Groupement des industries aérospatiales marocaines) – qui est également responsable de la formation au sein de la CGEM – a abordé ce sujet. Les défis du Maroc.

Ce qui s’est passé en 2020-2021 à la suite de la pandémie de Covid-19 a jeté une lumière crue sur la situation de ce secteur. Qu’est ce qui est passé? Le système de formation continue des salariés n’a pas fonctionné au moins dans les conditions minimales : loin de là. L’Office de la formation professionnelle et de la promotion de l’emploi n’a pas voulu payer les cours à distance. Pourquoi? Parce que ce n’est pas dans le manuel de procédures. “Allez-y, il n’y a rien à voir”, alors…

Ce qui gêne sévèrement l’appareil, est fortement exploité. formation continue ? Le droit des salariés : garanti par la loi dans les entreprises de statut normal auprès de la CNSS. Paradoxe : Ces unités économiques en font peu usage. Ce droit à la formation continue est financé par les cotisations salariales, via la taxe d’apprentissage versée par la CNSS à l’OFPPT. 30% de cette taxe est affectée au remboursement des frais de formation continue.

Pour l’année 2020-2021, il est vrai que les départements concernés (Éducation nationale, Formation professionnelle, Économie) ont déjà pris des mesures en faveur des entreprises en termes de délais de demande de financement et de mise en œuvre des actions de formation prévues. Mais aucun d’entre eux n’envisage de promouvoir et d’étendre la formation en ligne – une opportunité non saisie pour transformer le système existant en numérique… à tel point que la formation en ligne, pour suivre les restrictions du Covid-19, n’a pas été remboursée. Refus inacceptable.

La situation que traversent les salariés – activité réduite voire chômage – doit être prise en compte pour les aider à acquérir ou améliorer leurs compétences professionnelles. Il suffisait simplement de faire preuve de souplesse en modifiant, à certains moments, la mise en œuvre des programmes sous CSE (Contrats Spéciaux de Formation).

Cependant, il existe un autre paradoxe : la faible scolarisation dans le système de formation continue. Pour la période 2015-2018, seuls 1 500 dossiers ont été traités, soit 30% du budget alloué d’environ 166 millions de dirhams. Sur une période plus longue, les chiffres sont plus significatifs : 95 millions de dirhams de compensation sur le budget du fonds fiduciaire commun de 767 millions de dirhams – moins de 12% ; 1 454 entreprises ont eu accès au CSF alors qu’elles en ont cotisé 188 000. D’autres critères doivent être ajoutés : aucune formation collective pour les établissements d’enseignement supérieur et de petite taille n’a été réalisée depuis … 2006 ; Le délai moyen de traitement des remboursements de dossier est de 9 mois.

Il s’agit enfin : du trop grand nombre de médiateurs pour accéder à la formation (Conseil d’Administration de l’OFPPT, Comité de Gestion de l’OFPPT, Comité Central des Contrats Spéciaux de Formation, Commissions Régionales des CSF (12), Groupe d’Appui Conseil Professionnel (9), Unités de Gestion des CSF (12) ), etc.).

Tout cela doit être corrigé. La rhétorique officielle ne manque pas de se répéter – le programme du nouveau gouvernement y fait référence. Sur la table, l’étendue de l’état dysfonctionnel est évidente. Taxe de formation professionnelle annoncée en 2021 d’un montant de 2,1 milliards de dirhams ; Le montant d’une partie de ce programme intégré de financement de la formation continue est de 800 millions de dirhams. Le montant accordé en financement potentiel est d’environ 180 millions de dirhams. Mais le financement réel versé à 1 080 entreprises couvre essentiellement le remboursement des formations non planifiées…

Voici donc un gros chantier à réorganiser et à faire fonctionner au plus vite. C’est accidentel. Elle est aussi interpartisane – il est difficile de dégager des nuances fortes ou des divergences profondes entre les trois composantes de la majorité actuelle, voire du côté de l’opposition.

Quels pourraient être les objectifs à retenir ? Prendre des mesures pour permettre aux PME et à leurs salariés de bénéficier d’une formation continue.

Le nouveau système devrait prendre en compte plusieurs préoccupations : simplicité des actions avec la mise en place de la suppression complète des substances, remontée rapide et informative des informations pour une évaluation fréquente et efficace, formulaire mutuel, global et solidaire adapté aux particularités des différents objectifs. Autant de pistes dont on ne peut se passer sans une autre forme de gouvernance. Il faudra établir une représentation à parts égales des représentants de l’Etat – du patronat – des syndicats. En même temps, il est clair que la réduction du nombre de participants est nécessaire, car il est vrai que c’est un facteur de bureaucratie et même d’affaiblissement des responsabilités.

En termes de financement, il s’agit d’une garantie TPF de l’ordre de 30% et ceci au profit de la formation et de l’initiative de l’entreprise uniquement. De nouveaux modes de financement ont été proposés par la CGEM : financement direct sur la base du dispositif de formation élaboré par les syndicats, accompagnement des PME et TPE, tiers payant pour les autres catégories. Ce sont les plans sectoriels de formation qui doivent définir et orienter les programmes. En termes d’actions, qu’est-ce qui bloque encore la plateforme numérique ? Cela ne peut que réduire les délais de traitement – “zéro papier…”. La publicité peut également être placée mais avec une censure ultérieure et même des “listes noires”, si nécessaire. Enfin, en termes d’impact, il serait souhaitable de faciliter l’accès des TPE/PME à ce nouveau système. Aujourd’hui, il n’y a que 1 454 entreprises de cette taille, alors que l’objectif ambitieux de 10 000 peut être atteint d’ici 2025-2026.

Révision du manuel des procédures de formation continue : Il s’agit d’une première étape urgente. L’autre porte sur la modification de la loi 60-17 sur les aspects de gouvernance et de financement. En juillet 2015, l’ancien Cabinet a adopté une stratégie nationale de la formation professionnelle dans le cadre de la réforme globale du système d’éducation et de formation, telle que définie par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). La vision est celle de « l’équité et de l’égalité des chances » pour assurer et garantir « la formation partout, pour tous et tout au long de la vie ».

En matière de formation continue notamment, de nouveaux droits et mécanismes doivent être mis en place. La doctrine est double : promouvoir l’amélioration des compétences et valoriser les réalisations des travailleurs. Des compétences techniques sans doute, mais aussi des compétences de base (soft skills) dans les programmes de formation initiale et continue. Cela permet de mieux appréhender l’évolution du marché du travail avec la création de normes de travail/métier et de compétences notamment.

Dans ce projet, la région et les territoires doivent être pleinement connectés ; Ils jouent un rôle majeur dans l’identification des besoins de formation (cartographie des attentes de l’offre de formation, financement, modification des programmes, etc.).

L’engagement des moyens de faire peser leur poids sur le gouvernement. Les résultats aussi !

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