A deux semaines des premiers examens, les lycéens étaient entre stress et anxiété

A deux semaines des premiers examens, les lycéens étaient entre stress et anxiété

Derniers bilans des candidats au baccalauréat qui soumettront leurs épreuves spécialisées du 11 au 13 mai.

“Je suis un très bon élève, j’ai eu de très bonnes notes toute l’année mais là, je ne suis pas du tout rassuré.” Julia, lycéenne parisienne, se confie à BFMTV.com avec sa nervosité à l’approche des examens majeurs, une nouveauté dans sa réforme du bac.

L’an dernier, cette première série de tests avait été annulée pour être évaluée sous contrôle permanent en raison de la pandémie. Cette année, ces événements initialement prévus en mars ont été reportés en raison des conditions sanitaires difficiles. Il aura lieu dans un peu plus de deux semaines, soit du 11 au 13 mai.

“Je n’ai plus confiance en moi”

Julia s’inquiète du fait qu’elle passe encore son test écrit de français l’année dernière, alors qu’elle était en première année, ce qui a mal tourné. La petite fille qui était “première de sa classe”, dit-elle, avec une moyenne de 18/20 dans la matière, a obtenu un 7/20 le jour J.

« Les deux sujets évoqués sont les deux qui ont été repris à distance ou rapidement en fin d’année, explique Julia. “Je n’ai pas forcément peur de ne pas avoir mon bac mais je sais que rien n’est sûr et qu’on peut être piégé. Je n’ai plus confiance en moi.”

La lycéenne redoute surtout les stages en histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP), une de ses majeures en sciences économiques et sociales (SES). Concrètement, il s’agit de rédiger un mémoire ainsi qu’une étude critique de documents en quatre heures.

“Je m’en suis rendu compte pendant le bac sur le banc”, a paniqué Julia. “Après l’article, vous devez remballer et revenir à un autre exercice, continuer et repenser à nouveau un plan. Cela demande beaucoup d’efforts.”

“confus”

Si Julia voit tout de même qu’elle a suffisamment de connaissances, ce n’est pas le cas de Thibault. Il sent qu’il n’est pas assez préparé. Cet étudiant de terminale de Seine-et-Marne qui a aussi choisi HGGSP et SES pour les majeures a l’impression de n’avoir “jamais rien gardé” depuis sa première année.

“Cette année, nous avons pu boucler les programmes grâce au report des examens”, assène-t-il. “Mais à l’HGGSP, il y a beaucoup de notions à appliquer, pour accompagner le tronc commun de l’histoire et de la géographie. Le Bac Blanc s’est bien passé mais je suis inquiet.”

Car il a également échoué l’an dernier à l’épreuve de français très attendue. « Kata », rappelle-t-il : 7/20 à l’écriture. “Je me dis que le français me manque et donc pas le droit à l’erreur, que je suis sur la sellette.”

C’est notamment pour cette raison qu’il a renoncé à poursuivre les études de troisième cycle en sciences politiques auxquelles il aspirait « de peur de ne pas s’y engager ». Car le jeune homme était tellement nerveux en début d’année qu’il a ressenti le besoin de consulter un psychiatre.

“Je n’ai jamais eu de problèmes à l’école, mais avec le semestriel qu’on a eu l’an dernier, l’enseignement à distance, la pandémie, les nouveaux programmes, le nouveau bac, Parcoursup, cet esprit de compétition entre les élèves, j’ai paniqué.”

“Je ne suis pas prêt du tout”

Pendant ce temps, Laila dit qu’elle est “confuse” quant à la tâche qui l’attend. Cette Bretonne inscrite au Cned qui passera le bac STMG en candidate libre entamera début mai un long tunnel de treize épreuves du baccalauréat, dont ses deux majeures (droit et économie ainsi que gestion, sciences de gestion et numérique).

“C’est injuste par rapport aux autres lycéens qui ont droit à une surveillance constante”, déplore-t-elle auprès de BFMTV.com. “Je pensais que j’étais qualifié pour cela et en fait non. Pour nous, les candidats libres, c’est une énorme charge de travail.”

Si elle se rassurait en se rappelant qu’elle avait été assidue toute l’année à son travail, elle passerait néanmoins les deux semaines suivantes à étudier intensément. Camille Lecomte, terminale à Angers et secrétaire général du mouvement Lycée national, l’assure : “Je ne suis pas du tout prêt.” Elle n’a pas encore terminé un programme dans l’une de ses majeures (dans ce cas HGGSP, avec les sciences humaines, la littérature et la philosophie).

“Notre professeur est absent depuis un mois et demi et n’a pas été remplacé”, nous raconte-t-elle. “Il y a un chapitre entier sur lequel nous avons travaillé de manière indépendante et un autre chapitre que nous n’avons pas encore terminé. J’ai peur de me retrouver face à un sujet que je n’ai pas vu. Nous savons que nous n’avons pas vu tout le programme, nous savions que nous serions désavantagés.”

Elle se dit « dépassée » par son programme d’audit. Car en plus des cours de spécialisation, il faut aussi travailler d’autres disciplines du tronc commun qui sont évaluées en contrôle continu. “L’année dernière, c’était différent. J’ai vraiment peur de ce que va offrir le baccalauréat.”

Leave a Reply

Your email address will not be published.