Une transformation en profondeur de l’éducation « dont le Québec a besoin »

Une transformation en profondeur de l’éducation « dont le Québec a besoin »

Des projets motivants pour tous les élèves, peu importe le quartier ou le niveau scolaire : La transformation globale du Centre de services de l’école des Chênes, qui souhaite offrir des programmes spéciaux pour tous parfois dédiés aux élèves les plus performants, est saluée comme un effort digne des meilleures pratiques dans le monde.

Loin de freiner l’éducation, cette diversité scolaire favorise la réussite de tous les élèves, résume la professeure Claire Lapointe. Elle a contribué à deux rapports majeurs sur cette question au cours de la dernière décennie. La Finlande et la Scandinavie, qui possèdent certains des systèmes éducatifs les plus solides, ont choisi des modèles similaires, où des étudiants de tous horizons se retrouvent en classe.

“Quand je vois un centre de services scolaire qui dit ‘nous autres allons avoir des projets amusants pour tous les élèves’, je me dis que c’est ce dont le Québec a besoin. On ne peut pas se permettre un système d’éducation qui empêche le tiers des élèves de réussir, et même la moitié des étudiants dans certains endroits de Montréal », raconte le professeur retraité de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

Claire Lapointe faisait partie du panel d’experts mandaté par Québec en 2014 pour étudier le financement et la gestion des commissions scolaires. En 2016, elle a également contribué au populaire rapport Se recentrer sur l’équitédu Conseil supérieur de l’éducation.

Ces deux groupes ont conclu que le système d’éducation québécois était l’un des plus inégalitaires au pays. Pourquoi ? Parce que les écoles privées et les écoles publiques subventionnées qui offrent des programmes choisissent les élèves les plus forts. Les classes dites régulières se retrouvent avec des élèves ordinaires. Les parents et les enseignants qui peuvent échapper à ces groupes “difficiles” bien connus. Le fossé se creuse entre milieux privilégiés et défavorisés.

Modèle finlandais

Le professeur Lapointe est d’accord avec le mouvement du groupe Lécol qui prône une transformation inspirée du modèle finlandais. Dans ce pays d’Europe du Nord, les écoles privées sont devenues des écoles publiques indépendantes financées à 100 % par l’État. Toutes les écoles de quartier doivent accepter les élèves de leur territoire, quels que soient leurs résultats scolaires. Il n’y a pas de critères de sélection basés sur les bulletins scolaires ou le revenu des parents.

« L’idée n’est pas de monter les unités familiales les unes contre les autres. Le but, explique Claire Lapointe, est d’éviter « que les meilleurs gagnent », c’est-à-dire les plus riches, les plus éduqués, les plus favorisés culturellement.

Plus les classes sont diversifiées – entre garçons et filles, entre élèves chanceux et défavorisés, entre élèves forts et faibles, ou entre ethnies, par exemple -, plus le taux de réussite de tous les jeunes est élevé, selon les études rapportées par les enseignants.

Pour cette raison, le Comité d’experts sur le financement et la gouvernance scolaires recommandait en 2014 que « les groupes scolaires soient constitués de manière à représenter la diversité sociale du milieu dans lequel se situe l’école ; que les projets privés continuent d’être encouragés au Québec écoles, mais doit être accessible à tous les jeunes intéressés ; et que les projets soient sélectifs Il est réservé aux élèves particulièrement doués, notamment dans le domaine des arts ou de la musique, ou à l’élite sportive.

C’est exactement le projet dans lequel il a été mis Mars Au centre de services scolaire des Chênes, dans la région de Drummondville, présenté mardi à devoir.

élèves faibles

L’économiste indépendant Jean-Pierre Aubry, qui suit de près la gouvernance et le financement de l’éducation, estime qu’une telle transformation nécessiterait d’énormes investissements pour aider les élèves les plus vulnérables. “Les élèves qui rencontrent des difficultés ont besoin d’être accompagnés très tôt. Si les élèves sont en retard sur les autres élèves en fin de primaire ou en début de secondaire, ils sont finis”, rappelle-t-il.

L’expert note que le gouvernement Legault a beaucoup investi dans l’éducation depuis le début de son mandat, mais que le dernier budget, présenté le mois dernier, incluait très peu de nouvelles aides pour les étudiants vulnérables. En tout cas, la pénurie de main-d’œuvre prive les écoles de marge de manœuvre : le Québec promet peut-être la mer et le monde, et les candidats aux postes d’enseignants et autres catégories de personnel manquent cruellement, constate Jean-Pierre Aubry.

De son côté, la Fédération des établissements d’enseignement spécialisé (FEEP) note que de nombreuses écoles privées offrent à tous leurs élèves la possibilité de choisir un programme ou une orientation, y compris ceux qui présentent des difficultés d’apprentissage. Les étudiants défavorisés ont également accès à des aides financières, assure la FEEP.

Voyons dans la vidéo

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