Selon une association, “cette affaire illustre bien les nombreuses failles” de l’université

Selon une association, “cette affaire illustre bien les nombreuses failles” de l’université

Myriam Espinas, vice-présidente de l’Observatoire des violences sexuelles et basées sur le genre dans l’éducation, demande qu’en cas de suspicion de violences basées sur le genre ou de violences sexuelles, “une mesure disciplinaire soit systématiquement instituée” pour protéger les victimes.

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Alors que l’Inspection générale de l’enseignement, des sports et de la recherche enquête sur la réponse de l’université aux accusations de violences sexuelles contre l’étudiante en médecine de Tours, Myriam Espinas, vice-présidente de l’Observatoire étudiant sur les violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement, estime que « Cette affaire illustre bien les nombreuses failles dans la gestion des violences sexistes et sexuelles » A l’université. Myriam Espinas regrette que dans ce cas précis il n’y ait pas eu “Initier une action disciplinaire”. Alors demande un ajustement “systématique”.

franceinfo : Les universités ont-elles pris leurs responsabilités ?

Myriam Espinas : Ce cas illustre bien les nombreuses failles dans la gestion des violences basées sur le genre et des violences sexuelles par ces deux universités de Tours et de Limoges. Il n’y a pas eu de contrôle disciplinaire alors qu’on a pu mettre en place des mesures préventives pour les victimes et entraîner la responsabilité de cet étudiant accusé à plusieurs reprises. Ce que nous exigeons, c’est que les mesures disciplinaires soient systématiquement appliquées. C’est déjà une obligation légale pour les universités. Nous voulons que cette procédure commence et nous voulons savoir ce qui se passe. Ces décisions ne peuvent être prises dans l’ombre. La lutte contre les violences sexuelles et sexuelles passe par la transparence, et c’est ce que nous exigeons aujourd’hui.

Ne risque-t-on pas de dissuader d’autres victimes de s’exprimer ?

exactement. Je tiens à saluer ces victimes et à offrir tout notre soutien à ces très courageuses victimes. Ce que l’on constate aujourd’hui dans l’enseignement supérieur, c’est que seuls 10% des étudiants parlent à leur établissement d’actes de violences sexuelles et de violences sexuelles qu’ils ont vécus ou constatés. Aujourd’hui, il y a un dialogue brisé. On demande aux victimes de parler, mais les victimes le font. Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est agir et sortir de l’impasse. Nous souhaitons que des actions soient prises en compte, notamment la formation systématique des acteurs qui incarnent la lutte contre la violence. Il commence par le recteur de l’université, les membres des cellules d’accompagnement et d’écoute, et les cellules disciplinaires. Nous souhaitons renforcer les outils de communication sur les dispositifs existants et surtout nous souhaitons que les actions disciplinaires soient bien organisées et mises en œuvre.

En même temps, il y a une présomption d’innocence.

C’est exactement là que cette université a fait une énorme erreur [de Tours] Et beaucoup plus. Il y a aujourd’hui en droit français l’indépendance des procédures pénales et disciplinaires. Les instances disciplinaires peuvent mettre fin à la scolarité, même en l’absence de poursuites pénales. Nous nous opposons au droit à une éducation tranquille et sécuritaire pour tous les élèves. Nous pouvons mettre en place des mesures pour protéger les victimes et éloigner les auteurs, et nous pouvons mettre fin à l’éducation des auteurs présumés de violence. Là aujourd’hui, les victimes ne sont pas protégées. Ça ne peut pas être la roulette russe.

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