[Opinion] L’école, cette fabrique de diplômes

[Opinion] L’école, cette fabrique de diplômes

Parmi les nombreuses conversations que j’ai eues avec mes élèves en classe, deux phrases sont restées gravées dans ma mémoire : « Nous nous sentons délaissés » et « Nous ne sommes pas pris au sérieux », qui sont les couteaux tranchants de la vérité. De qui est-ce la faute? pour nous. nous tous. On m’a toujours dit qu’il n’y a pas de livre parental, mais qu’un parent doit devenir un guide pour son enfant. Je me pose maintenant la question, qui est le plus concerné, les parents dans leur rôle de guide ou les enfants qui demandent aveuglément le mode d’emploi ?

Le virus COVID-19 a peut-être le dos large, mais nous nous tenons sans équivoque au-dessus de l’abîme, et la chute est imminente. Le système éducatif est devenu une usine à diplômes sans réelle volonté d’éducation pédagogique. Et je pèse mes mots sur “pédagogique”. En tant qu’enseignant légalement incompétent, qui jusqu’à la semaine dernière avant que j’abandonne cette cascade qu’est le lycée, j’ose me permettre ici certaines réflexions que les enseignants permanents ne peuvent pas. Permettez-moi de vous montrer les secrets exposés de cette locomotive, qui est le système d’éducation ministérielle.

À propos de la langue française

J’ai entendu à maintes reprises que le gouvernement et le peuple québécois se soulèvent contre le mauvais état de la langue française au Canada et à l’étranger. Cependant, la majorité des élèves du cinquième degré du secondaire doivent avoir les compétences linguistiques d’un élève de fin de primaire et de début de secondaire. “Allez, vous généralisez ! Vous direz. Bon, si votre enfant ne parle pas couramment le français, c’est probablement sur un autre sujet.”

Ça n’a pas l’air bien de noyer un étudiant

Tout le monde sait que larguer un étudiant coûtera très cher à l’État du Québec. Allez, boum ! Passez au niveau supérieur et résolvez vos problèmes ! Comment voulez-vous que les jeunes soient curieux en classe s’ils ne sont même pas à leur vrai niveau scolaire ? Qu’adviendra-t-il du CEGEP ? Pourquoi tant de soucis de performances ? Qui devrait porter le fardeau de faire de la salle de classe un lieu d’apprentissage agréable ?

C’est là que les enseignants interviennent. On nous demande d’enseigner une matière que les élèves ne comprennent même pas et puis on leur dit que tout ira bien. Et si nous avons le malheur de larguer un élève pour quelque raison que ce soit, eh bien, les parents, et l’administration, et la commission scolaire, peut-on même dire que l’entreprise protesterait aussitôt pour nous blâmer, nous accusant de ne pas présenter les fruits de nos connaissances dans le bon sens.

Dans tous les cas, même si nous décidons de faire noyer votre enfant dans notre sujet, il traversera tout de même son année et passera au niveau supérieur comme si de rien n’était. Ainsi suivra la vague de la jeunesse dite sans instruction.

Le lycée est une garderie

Guider ou éduquer, quel est le rôle de l’école dans la société ? Quel est le rôle des parents, de la famille, dans l’éducation ? Un jour, une camarade de classe m’a dit qu’un parent avait appelé l’école pour demander à son enfant (dans un commentaire extérieur) de ne pas rester à la maison car elle ne serait pas là. Combiné à ce manque de confiance flagrant, j’ai remarqué que ma jeunesse n’a jamais développé certaines compétences nécessaires à sa progression à travers les différentes étapes du développement humain. L’autonomie, le sens des responsabilités et l’initiative sont devenus des denrées rares, voire inconnues, pour les jeunes. Sans parler du manque d’effort et de l’incapacité à résoudre les problèmes.

À mon avis, la raison de tout cela peut se résumer en un mot : l’enfance. Nous faisons la jeunesse d’aujourd’hui. Les gens supposent que toutes ces compétences ne sont développées qu’à l’école. Si c’est le cas, dites-vous une chose, l’école de la vie leur paraîtra plus difficile quand ils auront leur GCSE en poche.

Le système éducatif conservateur est une usine de la vieille ère industrielle dans laquelle nous continuons à investir dans le vide en croyant qu’un jour cela rapportera. Ce n’est plus le cas. Il rouille en accumulant la poussière et les dépenses intellectuelles tout en se réchauffant en brûlant le potentiel de plusieurs. La vie n’est pas une école.

aveuglement arrogance

Notre vanité nous aveugle, nous empêche de regarder les jeunes qui vivent dans un monde plus développé que le nôtre. Comment pouvons-nous prendre nos responsabilités au sérieux et cesser d’abandonner ce qui aurait dû être pris en charge il y a si longtemps ? Les conséquences de ce manque d’humilité laissent place à une génération frustrée et désintéressée de leur éducation. L’école doit être une avant-garde, pas un purificateur intellectuel. Les outils présentés en classe devraient poser la question des possibilités infinies dans lesquelles l’éducation peut se réaliser, si nous y mettons un peu d’effort collectivement. C’est une bénédiction que je souhaite à tous les élèves du Québec, particulièrement le mien, à qui je dédie ce texte.

Voyons dans la vidéo

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