La Cour des comptes veut « recentrer » les missions des inspecteurs de l’Éducation nationale

La Cour des comptes veut « recentrer » les missions des inspecteurs de l’Éducation nationale

Leur activité est “de plus en plus fragmentée”, jugent la Cour des comptes. Dans la synthèse de mardi, le gouvernement a appelé au « recentrage » des fonctions des inspecteurs régionaux de l’éducation nationale sur l’accompagnement pédagogique des enseignants et des équipes pédagogiques.

Environ 3.650 inspecteurs régionaux des premières et secondes classes de l’éducation nationale exercent des missions très diverses en France, assure le tribunal : évaluer les enseignants, participer à l’organisation des examens et concours, promouvoir les grandes réformes, contrôler l’enseignement à domicile, ou encore administratif et gestion pédagogique des écoles en collaboration avec les directions d’écoles et les municipalités .

Poids de l’évaluation individuelle

Mais “cette distraction se fait au détriment de leur mission première, qui continue de surveiller les enseignants et l’accompagnement pédagogique”, déplore le tribunal dans cette synthèse, qui a été transmise en janvier au ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer.

En outre, l’évaluation individuelle des enseignants absorbe environ 30% de l’activité des inspecteurs de première classe et 20-30% au second degré, note-t-elle, ne laissant “qu’une place laissée dans les réunions” aux équipes autour des visites d’inspecteur, de conseiller, et de soutien nécessaire. pour les enseignants entrant dans la profession.

Recentrer le travail sur le « soutien scolaire »

Le tribunal, qui formule six recommandations, demande notamment une “révision sélective des missions” des inspecteurs, afin de recentrer leur travail “sur l’accompagnement pédagogique des enseignants et des équipes pédagogiques”.

Elle a également noté la “répartition inégale des ressources dans les inspecteurs” entre les académies, soulignant notamment que les grandes académies avec des zones très denses, sont moins favorables.

une répartition inégale

En première classe générale (élémentaire), certains départements comme la Seine-Saint-Denis, où se concentrent les grandes difficultés scolaires et les jeunes enseignants, ont été pénalisés avec une moyenne de 307 enseignants par inspecteur en 2020, contre une moyenne de 229. au niveau national.

En classe de seconde générale (collège et lycée) également, le nombre d’enseignants par inspecteur s’est établi par exemple en 2020 à 228 à l’Académie de Versailles, contre 137 à l’Académie de Limoges, précise-t-elle.

Renforcer les liens entre l’école et le collège

Face à ces disparités, la Cour recommande notamment de “fixer un nombre cible d’inspecteurs pour chaque académie”.

Elle prône également “une convergence fonctionnelle entre les corps d’inspection du premier et du second degré”, qui “permet de renforcer les liens entre l’école et le collège, et au sein du second degré, entre les différents types d’enseignement”.

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