Programmes spéciaux pour tous

Programmes spéciaux pour tous

Pour mettre fin à une forme de “stigmatisation”, une école secondaire de Magog a choisi de dire adieu au programme “régulier”, en se concentrant sur l’ensemble de ses élèves pendant leurs trois premières années. Fini, donc, les élèves qui disent “rien”.

Posté à 5h00

Marie-Yves Moras

Marie-Yves Moras
Journalisme

(Magoj) “L’éducation n’est pas basée sur le statut social.”

Au cours des trois premières années du secondaire, les élèves de La Ruche à Magog se concentrent sur les arts ou le sport. Cette école publique a complètement abandonné le profil habituel, conséquence d’une réflexion sur l’égalité des chances. Robotique, basketball, musique, théâtre, danse, production vidéo et hockey-balle : les étudiants n’ont que l’embarras du choix.

Le professeur de français de La Ruche, Manuel Cournoyer a réuni il y a quelques années un petit groupe d’enseignants pour entamer une réflexion sur « l’école à trois vitesses » qui fait qu’au secondaire, les élèves se retrouvent soit dans l’école privée, soit dans le programme ou simplement dans le soi-disant programme régulier.


PHOTO FRANÇOIS ROY, PRESSE

élèves du 1concernant2H et 3H L’école secondaire de La Ruche, à Magog, est toute à concentration artistique ou sportive.

Ils notent que leur lycée est impliqué dans le phénomène : les programmes sport-études sont souhaitables, mais sont “l’école dans l’école”, regroupant des élèves de l’élite sportive, souvent la jeunesse la plus privilégiée (ces programmes coûtent parfois des milliers de dollars par an ) , Le plus fort à l’école.

Les autres élèves étaient un peu à l’écart. « Il y a eu un appel de collègues qui nous ont dit : ‘C’est dur, régulièrement’ », explique Michèle Grandmaison, enseignante en éducation physique qui a participé à la réflexion.


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Michel Grandmaison, professeur d’éducation physique à l’école La Roche

L’idée est née : avec ses 1 650 élèves et ses nombreux professeurs, l’école pouvait proposer des programmes ludiques pour tous, sans choix en fonction des notes et sans frais exorbitants.

Avant la mise en place de ces programmes, “il y avait déjà une stigmatisation”, se souvient Manuel Cornuer. ” [Les jeunes] Je ne veux pas être régulier”, confie le professeur, qui souligne que la mixité sociale d’aujourd’hui est à l’heure dans ses cours.


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Manuel Cornuer, professeur de français à l’Ecole La Roche

Après les résultats, l’ambiance de classe est plus agréable. Les jeunes répondent aux questions, participent aux projets. Il n’a pas fait de mal aux forts, mais a aidé les faibles. Les élèves en apprennent davantage.

Manuel Cornuer, professeur de français à l’Ecole La Roche

Une “grue” pour les enseignants

David Haines fait également partie des enseignants qui ont voulu changer les choses. Professeur d’histoire de formation, il offre le cours de production vidéo depuis 11 ans et a remarqué qu’un sentiment d’appartenance se crée chez les étudiants d’une même concentration.


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École secondaire La Roche à Magog

“Ils ont un talent commun, qui ressort quand même. Un enseignant, qui faisait remarquer qu’il y a quelques années, les élèves qui n’avaient pas une moyenne générale de 70 %, n’auraient pas eu accès à ces programmes”, précise l’enseignant.


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David Hinse enseigne un cours de production vidéo à l’école La Ruche.

Le professeur semble fier : un de ses élèves vient de remporter un prix pour la réalisation d’une vidéo. «C’est le meilleur au Québec», affirme David Hinse.

Le fait que les élèves de La Ruche soient tous au centre des préoccupations donne aux enseignants un « levier », note M. Hinse. Si les résultats dans d’autres matières ne sont pas à la hauteur, les étudiants peuvent être envoyés en étude dirigée au lieu de suivre leur propre cours de concentration.

Manquer le cours qu’ils ont choisi est souvent la dernière chose que les jeunes veulent. “Pour l’entraînement, c’est vraiment cool”, déclare David Hinse.


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étudiants en 2H Lycée, Corinne Bertrand et Mélodie Bourdages prenant des photos dans le cadre d’un stage de réalisation vidéo.

Melody Burridge, 14 ans, n’a que des éloges pour son tuteur en production vidéo. “Je me suis découvert une passion à laquelle je ne croyais pas”, raconte l’élève à 2 ansH High School, qui a suivi les traces de sa sœur aînée en choisissant son objectif.

Alors que les élèves s’entraînent à faire des paniers dans le gymnase, Michel Grandmaison explique que sa “mission” “est que si tu veux jouer au basket, tu peux le faire”. “On peut jouer aux fléchettes, si on veut. C’est dans la façon de faire : si tu veux faire partie de l’élite, il y a les équipes du soir. En journée, il y a accès.”

cellule exemple ?

Le projet Focus a été présenté à tous les élèves il y a sept ans, d’abord avec des élèves à partir de 1 anconcernant et 2H secondaire. A la fin de l’année scolaire, ceux-ci sont à 3H Un secondaire a été ajouté à ce projet global. La réflexion se poursuit à l’école secondaire La Ruche, où l’on se demande maintenant comment réorganiser les programmes 4.H et 5H Secondaire pour prolonger le projet jusqu’à la fin du cours.

À mon avis, il y a encore une différence entre l’étude mathématique et l’étude régulière à ces niveaux. Nous devons régler ce problème.

Manuel Cornuer, professeur de français à l’Ecole La Roche

M. Cornuer a également déploré que “rien ne change” au niveau politique pour promouvoir l’égalité des chances pour les lycéens. “Nous n’avons jamais entendu un ministre en parler”, a déclaré le professeur de français.


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Des élèves de l’école secondaire La Ruche de Magog assistent à un cours.

C’était avant le communiqué du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui a promis mercredi dernier de mettre en place prochainement de nouvelles mesures pour favoriser l’accès à des programmes spécifiques, dont les coûts sont souvent prohibitifs.

Le lycée La Rocher peut-il servir de modèle à d’autres écoles ?

Michel Grandmaison rappelle que le contexte de Magog est différent de celui des grands centres. Il cite notamment que les écoles privées ne sont pas très nombreuses et un peu éloignées les unes des autres.

Puis il réfléchit à haute voix. “Cela pourrait-il être un modèle ? Je pense que l’idée est de dire que l’éducation n’est pas dépendante du statut social”, explique le professeur.


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Vincent Pilotto, directeur adjoint de l’école La Roche

Les montres des autres articles sont à prix réduit

Les écoles qui offrent des concentrations ou des profils (les mêmes) réduisent le temps d’apprentissage dans d’autres matières pour offrir à leurs élèves des cours plus ciblés. “Par exemple, au lieu de faire six périodes de maths sur neuf jours, on fera cinq séances”, explique Vincent Pilotto, directeur adjoint de La Ruche. Chaque jour, les élèves de cette école ont un cours de concentration.

Le régulier perd son pouvoir

Les programmes de lycée ont commencé à être envisagés dans de nombreux centres de services scolaires du comté, où une tentative a été faite pour empêcher les élèves qui avaient fréquenté une école publique près de chez eux de quitter le quartier lorsqu’ils allaient au lycée.

C’est un exercice que le Centre pour l’École de service de Montréal (CSSDM) a fait en 2019 en passant en revue la présentation de huit de ses écoles secondaires.

« En offrant une plus grande gamme de programmes dans tous les secteurs [de Montréal]Les jeunes restent à l’école d’à côté parce que cela correspond à leurs intérêts. Il équilibre la composition des différents groupes dans les écoles, explique Benoit Thomas, directeur d’unité lycée CSSDM. Il dit que les groupes ont une meilleure mixité sociale.


Photo d’Hugo Sebastian Hubert, la presse

L’école secondaire Georges-Vanier de Montréal affiche clairement les différents profils parmi lesquels les élèves peuvent choisir.

Dans les huit écoles secondaires ciblées par le CSSDM pour offrir plus de programmes, la proportion d’élèves inscrits aux options est passée de 30 % à 50 %.

“Les parents nous disent : ils veulent avoir quelque chose de spécial pour leurs enfants, et cela passe par les options. Ils ont l’impression que le système normal ne répondra pas aux besoins de leurs enfants”, conclut M. Thomas.

préféré “élite”

C’est aussi ce que l’on constate au centre de services de l’école Rivière-du-Nord dans les Basses-Laurentides. Certains étudiants qui ne se sont pas inscrits aux programmes de concentration disent qu’ils ne sont « rien », dit sa directrice générale, Renée Brisson.

C’est un peu triste. Nous devons voir comment nous pouvons répondre aux intérêts et aux besoins de ces étudiants.

René Brisson, directeur général du Centre de services scolaire Rivière du Nord

Récemment, on s’est rendu compte que certains programmes, qui devaient par définition intégrer à l’école des élèves défavorisés ou en difficulté de persévérance, n’attiraient finalement que « l’élite », des jeunes disséminés sur le vaste territoire du Centre de services. Il s’agissait de programmes de hockey, de football, d’informatique, de musique et de gifles (encouragement).

Dans ces programmes, “nous rejetons plus d’étudiants que nous n’en acceptons chaque année”, explique M. Bryson.

programme de citation encouragementSeuls 20 candidats (sur 60) sont acceptés chaque année.

Ainsi, le Centre de services demande aux directeurs d’écoles secondaires de « scanner leur communauté » et de développer des profils qui répondent aux besoins des élèves.

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  • 76%
    Aux niveaux primaire et secondaire, le pourcentage de programmes spéciaux qui nécessitent une contribution financière des parents

    Source : Ministère de l’Éducation, 2020

    1220 dollars
    Tous programmes spéciaux confondus, contribution financière moyenne exigée des parents

    Source : Ministère de l’Éducation, 2020

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