Le rôle de l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale a-t-il été sous-estimé dans l’éducation en France ?

Le rôle de l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale a-t-il été sous-estimé dans l’éducation en France ?

La date du 9 mai est importante en Russie car c’est l’anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie en 1945. Elle a été scrutée particulièrement cette année en raison de la guerre en Ukraine et de la symbolique qu’elle véhiculait, car elle a été l’occasion pour de nombreux internautes rappeler l’importance du rôle de l’URSS durant ce conflit.

De nombreux posts sur les réseaux sociaux ont également déploré la possible sous-estimation de ce rôle dans l’éducation en France : “On oublie souvent que grâce à l’Armée rouge on ne parle pas allemand. Assez de propagande occidentale à l’école !”. Certaines publications mettent également en avant l’image du maréchal Joukov, l’officier russe qui s’empara de Berlin en mai 1945 : « Hitler est vaincu, mais son nom n’apparaît pas dans les manuels scolaires français. »

Du faux

appelle le 20 minutesle ministère de l’Education nationale précise que la Seconde Guerre mondiale est “surtout abordée en classe de terminale, mais est aussi évoquée dans les épisodes 3 et 4 (CM2, 6 et 3)”.

Si la situation de la France et de ses voisins dans les troisième et quatrième cycles est au cœur de l’enseignement, l’aspect global et les conflits militaires sont détaillés dans le troisième chapitre du premier thème : « La fragilité des démocraties, les totalitarismes et la Seconde Guerre mondiale (1929-1945) » selon le programme disponible sur le site Internet du ministère.

En plus de mettre en valeur les protagonistes du conflit et la portée mondiale qui font partie des objectifs d’apprentissage, le programme énonce également, dans Passage et Conquête pour les enseignants, le “Front de l’Est et la guerre d’annihilation” et “Juin”. 44 : Débarquement de Normandie et opération Bagration.

Batailles et pertes

Si le débarquement est connu de tous en France, alors l’opération Bagration est l’offensive soviétique qui se déroule au même moment, de juin à août 1944, sur le front de l’Est. Les deux batailles sont d’égale importance dans le programme.

Un point insisté par Christine Jemonet, secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie (APHG) : “Nous travaillons sur les deux sujets car ils sont nécessaires pour comprendre la situation. Le professeur d’histoire du lycée ajoute : “Nous expliquons à quoi mesure où le IIIe Reich a été saisi comme député, la prise de Berlin par l’Armée rouge. » Au moment de dresser le bilan de la Seconde Guerre mondiale dans le Terminal, l’Union soviétique a également été évoquée avec le siège de Leningrad et la mort de 900 000 morts à Stalingrad : « Nous travaillons aussi sur les victimes militaires et civiles de ce conflit. »

Les manuels sont comme des logiciels

En ce qui concerne les manuels, ceux auxquels nous avons pu nous référer (photos que nous ne pouvons pas distribuer ici pour des questions de droits) mettent en évidence de manière vivante les différentes batailles et les progrès militaires des forces soviétiques. Les victimes ont également été largement divulguées et d’autres éléments tels que la célèbre photographie d’un soldat de l’Armée rouge agitant un drapeau sur le toit du Reichstag à Berlin sont affichés comme un commentaire sur la propagande de guerre.

“Attaquer les manuels scolaires est futile, ce ne sont pas des programmes mais seulement des outils et non la ligne à suivre”, explique Christine Jemonet.

Mais alors pourquoi cette idée semble-t-elle avoir frappé l’esprit de tant d’internautes ? Certainement parce que cette minimisation du rôle de l’Union soviétique dans la victoire de 1945 est un gadget de la puissance russe depuis des décennies. La glorification du rôle de l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale est inscrite dans la Constitution russe depuis 2020.

Selon Christine Gemonite, beaucoup se souviennent des leçons des années 1960 à 1980, où il était difficile d’obtenir des informations du côté soviétique : « Depuis l’effondrement du bloc de l’Est, de nombreuses archives ont été ouvertes et ont permis de découvrir et de mettre en lumière le renouveau historique. Depuis de nombreux traités et ouvrages ont été rédigés et nous en savons beaucoup.

Par exemple, lorsque Staline n’a reconnu que 7 millions de victimes du conflit soviétique en 1947, Nikita Khrouchtchev en a rappelé près de 20 millions en 1993. L’historien Nicholas Wirth, directeur de recherche honoraire du Centre national de la recherche scientifique et spécialiste de l’URSS a cité l’historien Nicholas Wirth le mondele nombre de morts est estimé à 26 millions, ce qui est le nombre généralement admis aujourd’hui.

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