Plan de mouvement ensemble école | Un coup de pouce pour en finir avec le “marché scolaire”

Plan de mouvement ensemble école |  Un coup de pouce pour en finir avec le “marché scolaire”

Le système d’éducation du Québec est «inéquitable» et pour le réformer, le mouvement des groupes scolaires propose de mettre fin au financement des écoles privées et à tous les élèves de la province de fréquenter une école de quartier, tant primaire que secondaire.

Publié le 10 mai

Marie-Yves Moras

Marie-Yves Moras
Journalisme

Cinq ans après sa création par des parents, le mouvement des groupes scolaires repart à l’offensive à quelques mois des élections locales avec un plan visant à changer radicalement le système éducatif.

Au cœur de la proposition, révélée lundi, se trouve la création d’un réseau unique d’écoles, où chaque élève assistera à la création de son quartier, dans les écoles primaires et secondaires. Ce sera donc la fin des écoles privées subventionnées telles qu’on les connaît : les écoles privées seront financées à 100% par le Québec et seront gratuites pour tous. D’ici six ans, ils devraient accueillir exclusivement des disciples de leur bassin.

« L’école ne choisit plus ses élèves », a résumé en point de presse Stéphane Vignault, coordinateur des mouvements collectifs de l’école. Les enfants vont à l’école [de quartier]quelle que soit la capacité de payer de leurs parents. »


Photo Robert Skinner, la presse

Stéphane Vignault, coordonnateur du mouvement des groupes scolaires

Comme en Ontario, les écoles peuvent rester privées et sélectionner leurs élèves, mais elles ne reçoivent plus de fonds publics, « ni directement (subventions) ni indirectement (transport scolaire) », lit-on dans le rapport du mouvement.

Le commissaire du Groupe d’économie scolaire de l’Université de Sherbrooke, François Delorme, a estimé que les économies annuelles au Québec seront de 100 millions de dollars.

En plus des économies, cette réorganisation permettrait de sortir d’un système “inefficace et injuste” qui, pour le moment, “a” peu de gagnants et beaucoup de perdants “, selon l’estimation de Claude Lessard, sociologue de l’éducation et ancien président de la SEC, dont il préside le conseil d’administration de l’École Ensemble.


Photo Robert Skinner, la presse

Claude Lessard, président du groupe scolaire

« La recherche nous le dit depuis longtemps : plus les classes sont diversifiées, entre garçons et filles, entre élèves chanceux et élèves défavorisés, entre élèves forts et élèves faibles, et parmi les élèves d’ethnies différentes, plus le taux de réussite de tous les jeunes augmente », dit M. Lessard.

Pour les parents en lice pour choisir une école secondaire et les jeunes adultes stressés à l’idée de ne pas être acceptés dans le programme choisi, fréquenter une école de quartier est « une vision simple, apaisée, et qui semble inaccessible », Anne-Marie Boucher, vice-président de l’équipe scolaire. “Mais c’est ce que nous proposons et cela devient possible”, a-t-elle ajouté.

Programmes spéciaux pour tous

Le mouvement des groupes scolaires veut aussi généraliser un modèle déjà mis en place dans certains lycées du quartier, à savoir proposer gratuitement des programmes spéciaux à tous les élèves, sans choix en fonction des résultats scolaires.

Selon les données fournies à Journalisme Selon le ministère de l’Éducation, près d’un élève sur quatre (23,6 %) parmi ceux qui fréquentent les écoles secondaires publiques sont inscrits dans un programme particulier en 2020-2021.

Le programme d’éducation internationale est le plus populaire, suivi des programmes sportifs, artistiques et linguistiques.

La semaine dernière, le ministre de l’Éducation, Jean-François Robert, a promis de mettre en place de nouvelles mesures pour rendre les programmes spéciaux, souvent très chers, plus abordables.

Flexibilité poussée jusqu’au bout

Ce n’est pas suffisant : il faudrait aussi supprimer le financement des écoles privées subventionnées, estime Stefan Vignault.

“La flexibilité, on l’a prolongée jusqu’au bout. L’acceptation sociale des écoles qui choisissent, qu’elles soient publiques ou privées, n’existe plus.” M. Vigneault, qui espérait que les partis politiques adopteraient ces propositions lors des prochaines élections campagne, a déclaré : « La population veut un système équitable.

La représentante Véronique Hevon du Parti Québécois a salué la “qualité de la proposition” pour le mouvement des groupes scolaires.

« Elle fait preuve, et très concrètement, avancer le débat sur l’avenir de notre système scolaire et sur l’égalité des chances, qui doit en être un pilier fondamental mat », a déclarée la porte-parolei Education.

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    Nombre de lycéens pour l’année scolaire 2020-2021

    Source : ministère de l’Éducation

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