A Clermont-Ferrand, les lycéens d’Ambroise Brugier en D-1 pour les épreuves du baccalauréat spécialisé

A Clermont-Ferrand, les lycéens d’Ambroise Brugier en D-1 pour les épreuves du baccalauréat spécialisé

Disons que le bac c’est déjà demain, mercredi 11 mai pour les élèves de terminale qui écriront sur le tableau dans chacune de leurs majeures. Deux examens, un 16 contre 8 pour la philosophie, une épreuve symbolique du baccalauréat depuis sa création, et 10 grands oraux que les élèves ont passés pour la première fois l’an dernier.

Au lycée Ambroise-Brugière, à Clermont-Ferrand, comme dans tous les lycées de France, c’est l’effervescence depuis le retour des vacances de Pâques. Le professeur de Philosophie Pierre Souk effectue les révisions finales pour ses élèves en “Lettres, Lettres et Philosophie”.

D’une pierre deux coups

“J’ai choisi de combiner une révision des notions clés du programme avec une grosse formation en langue orale”, explique-t-il.
Chacun choisit un sujet qui pourrait entrer au bac demain et dispose de vingt minutes pour construire un plan et réfléchir à une introduction et une conclusion avant de passer au tableau et de présenter le problème au reste de la classe.“Vous avez 20 minutes !”

œil pour œil

Chacun participe à l’exercice avec humour et elle s’attache à être la première : « Faut-il être sensible à l’image de l’autre ?
La jeune fille a cinq minutes pour conquérir et guider son public. Elle essaie de changer le ton de sa voix, quitte ses notes pour regarder ses camarades, contrôle ses tics de langage, trébuche parfois et se redresse avec le sourire. Bon point ce sourire. L’exercice est difficile, tout le monde le connaît et l’écoute avec intérêt.

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top chrono

Miriam garde l’horloge. Le collier d’Ambre fait 3’43, c’est un peu court. “Le jour du Grand Oral, vous devrez tenir cinq minutes, mais ce sera évidemment plus facile car vous présenterez un problème que vous aurez choisi et travaillé au préalable.”

Ambre, élève en terminale au lycée Ambroise-Brugière, a choisi la majeure “Lettres, Lettres et Philosophie”. Elle aura son test écrit, Lab 16, demain. Dans la classe de Pierre Souk, elle révise le programme avec ses camarades tout en préparant le Grand Oral.

Maintenant, c’est un jeu de questions et réponses. Ce sont encore les étudiants qui y adhèrent. « Poser des questions, c’est aussi très formel, souligne Pierre Souks. ” Qu’en pensez-vous ? Un élève demande. ” Non, reprend le professeur, qu’en pensez-vous ? »
« Ben », « Euh », « Je ne sais pas si je suis clair » seront également bloqués.

Swipe sans se faire mal pour progresser ensemble

Il est vraiment temps de prendre note de la performance d’Amber. Pierre Souk a fait circuler une grille d’évaluation qui tient compte de la qualité des connaissances, de l’argumentation, de l’interaction et des qualités orales. Ce serait 14 pour Amber. Les deux élèves qui le suivent, chacun avec une nouvelle matière, sont moins performants et ne sont pas les derniers à être critiqués dans cette classe car ils veillent à ne pas blesser l’autre.

N’oublie rienPierre Souk prépare ses élèves à l’examen de spécialisation “Lettres, Lettres et Philosophie” et à l’examen “Grand Oral” qui se tiendront fin juin. Une épreuve difficile que les étudiants craignent.

Pierre Souk propose quelques notes utiles à tous. A l’oral, comme mercredi à l’écrit, il ne faut pas oublier de citer les auteurs. Pour le Grand Oral, soignez votre tenue vestimentaire, regardez le jury, et ne gardez pas les mains fermées ou derrière le dos. Présentez votre brouillon au jury, c’est encore mieux ; Il saura vous le rappeler et vos yeux ne seront pas fixés sur vos notes. Après votre présentation de cinq minutes, vous pourrez vous asseoir pour répondre aux questions du jury. Parlez dans une langue choisie, pas très vite. Et puis le jury peut être un peu sec ou laisser passer le temps jusqu’à la fin des cinq minutes si tu es un peu court, il faut s’y préparer. »

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Grande bouche, bon coup de pression

Si l’examen de spécialité sur table qui les attend demain les stresse un peu avec son grand coefficient, rien n’est comparable au grand oral qui aura lieu fin juin – début juillet.

Que disent les élèves ?

“Ici, nous avons la chance que nos professeurs professionnels nous préparent bien pour assister au Grand Oral, mais nous ne sommes pas tous égaux. Ensuite, en cinq minutes, il faut rendre le cas que l’on présente intéressant, faire circuler et obtenir des références”, Emma explique.

Le test du Grand Oral sera plus facile que le test de français dans un premier temps, car nous choisissons notre problème. Donc c’est subjectif, mais je ne comprends pas pourquoi on nous demande de l’associer à notre projet professionnel. C’est vraiment artificiel. Certains ont choisi leur majeure simplement parce qu’ils y étaient bons et ont obtenu leur bac, ou qu’ils ont changé d’orientation depuis la fin de la seconde.

ambre (vider)

“Alors le contenu importe moins que la façon dont il est présenté”, s’étonne un autre. Emma ajoute : “Je trouve que le facteur 10 est énorme pour ce type d’événement, d’autant plus que nous sommes aussi jugés sur notre projet professionnel, ce que je ne trouve pas juste.” “C’est une bonne idée de se préparer à la conversation orale, car nous l’aurons plus tard, mais ce ne sera probablement pas le cas”, suggère Jane, lorsqu’elle voit Miriam en elle “un avantage pour ceux qui sont doués à l’oral et un défi à relever pour les autres.” Comme un nouveau rituel de passage à l’âge adulte et à la vie étudiante. Oraux, enseignant et élèves soutiennent cela, ce qui n’empêche pas certaines critiques.

Point de vue du professeur

“Notre tradition française a trop longtemps délaissé l’oral au profit de l’écrit, alors que beaucoup d’élèves réussissent bien à l’oral. Cette grande gueule est pourtant une source de stress pour eux, car l’épreuve a un grand module (10) et est très formelle. “

marché de la jetée (vider)

L’épreuve dure vingt minutes et se divise en cinq minutes de monologue sur un problème choisi par l’étudiant, puis dix minutes de discussion et enfin cinq minutes où l’étudiant doit relier son problème à son projet professionnel ou d’orientation.Mercredi, ils discuteront de leur majeure “Lettres, Lettres et Philosophie” avec une grande présentation orale déjà à l’horizon.

Plusieurs critères discursifs tels que la parole ou le langage corporel sont évalués. La connaissance ne compte que pour 4 points. C’est donc très déstabilisant pour les plus timides. Certains, dans ma classe, interdisent et refusent toujours de parler devant leurs camarades. On peut se demander si tout cela était légitime alors que, tout au long de leurs études, ils n’avaient pas été bien préparés à cet exercice, même s’ils avaient déjà réussi un oral pour le certificat collégial et le baccalauréat français. »

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Évaluer les compétences orales, c’est bien, mais on risque de perdre les bases sur le sujet en privilégiant des normes formelles, et des processus peu accrocheurs. Ensuite, associer une problématique susceptible d’intéresser l’étudiant sans rapport avec son projet de vie peut l’amener à imaginer un avenir pour le jury, ce qui est humainement insatisfaisant.

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Mais, bonne nouvelle, cette année, il y aura beaucoup plus de professeurs de philo dans les jurys professionnels : ils ont plus de temps et moins d’épreuves de philo à corriger pour y participer pleinement.

Géraldine Messine

gealdine.messina@centrefrance.com

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