Lamia Mellal, du SNES, s’intéresse à l’enseignement du conflit

Lamia Mellal, du SNES, s’intéresse à l’enseignement du conflit

Quand on parle à Lamia Mellal, il n’y a presque pas d’hésitation, et surtout beaucoup d’enthousiasme et de détermination. Depuis plusieurs années, La Sénonaise s’est spécialisée dans la recherche universitaire. Ses domaines de prédilection sont les sciences politiques et l’anthropologie. Grâce à la tutelle conjointe de l’Université libre de Belgique et L’Université Catholique de LouvainElle rédige actuellement une thèse sur l’enseignement des conflits, en particulier le conflit entre Israéliens et Palestiniens. « Je m’intéresse à l’usine de l’école d’histoire, en particulier comment La Nakba

Ou la guerre est enseignée en Algérie. Ce sont encore des questions de société très vitales et il y a encore beaucoup d’ordres politiques qui s’y rattachent », propose la jeune femme.

Carlos Cordova, originaire du Pérou et maintenant enseignant à Senes, a pris le voyage en héritage

Mieux comprendre le monde contemporain

Si ce sujet d’étude s’impose dans l’esprit et les dossiers de Lamia Mellal, c’est pour plusieurs raisons. D’abord, de son histoire personnelle. Elle est franco-algérienne et a entendu des discours difficiles sur la guerre d’Algérie et le colonialisme qui en a résulté. Mais aussi grâce à leur engagement dans la lutte, dans la lutte perpétuelle contre les discriminations, les Hirondelles veulent faire entendre leur voix. Enfin, quelques confrontations (alors qu’il était au collège) lui ont permis de travailler davantage sur des questions d’enseignement. Notamment lorsqu’elle discute avec Laurence De Cock, au sein de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. Cet historien a longuement discuté et enseigné la réalité coloniale au cours des différents programmes scolaires français.

Douglas Goodhart : Rencontre avec un expatrié américain qui a quitté la Californie pour s’installer à Sens Puis Lamia Mellal se forge une solide culture de la matière et décide de s’y consacrer entièrement. Suivent des allers-retours entre Marseille et Jérusalem pour comprendre les enseignements de la Nakba. “Il y a plusieurs aspects : l’apparente réconciliation, le processus de cadrage de l’histoire, l’évacuation de la question politique. J’essaie de comprendre comment elle est présentée aux étudiants.” Pour ce faire, une fois à Jérusalem, un doctorant rencontre des professeurs d’une école Yad soit Yad

. Après les avoir interviewés, j’ai commencé à me faire une idée plus objective de leurs motivations à rejoindre ces institutions, que ces professionnels soient palestiniens ou israéliens. Désormais, le séjour à venir permettra de comprendre les motivations des parents pour y inscrire leurs enfants.

Ma relation avec la ville a tellement changé, quand je reviens je peux me poser avant d’enchaîner sur d’autres séjours ou d’autres travaux, ça fait du bien.

Des allers-retours, qui peuvent inquiéter les proches de Lamia sur certains aspects. Mais surtout, le doctorant pense se sentir fier, même s’ils n’en parlent pas beaucoup. Vendredi dernier, la jeune femme s’est présentée à un exercice insolite : rendre compte de son travail devant un public qu’elle connaissait. “Mes anciens professeurs de lycée, ma famille et certains de mes amis seront là, pas de stress supplémentaire, mais de l’excitation.”

Car à Sense, Lamia Mellal se repose et revient de temps en temps se ressourcer dans la ville de Prinos. “Ma relation avec la ville s’est tellement développée qu’à mon retour, je peux me poser avant de me redéployer dans d’autres résidences ou tout autre commerce, je me sens bien”, avoue-t-elle.

Estelle Le Veque

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