Éducation : Le manque de candidats qualifiés pour les concours d’enseignants est préoccupant

primaire
L’année scolaire n’est pas encore terminée, mais la rentrée se profile déjà en septembre, et avec elle, une série de soucis. Alors que le nombre de candidats qualifiés aux concours d’enseignants et d’enseignants du primaire diminue, les acteurs de l’éducation s’interrogent sur la situation à la fin de l’été.

« A la recherche d’un emploi ? Un emploi qui a du sens ? L’Académie de Versailles recrute pour la rentrée de septembre. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux cette semaine, la présidente de l’université Charlene Avenell a lancé un appel urgent. Son objectif : embaucher plus de 2 000 contractuels d’ici septembre grâce à quatre jours de réunions et d’entretiens fin mai.

Une nouvelle façon de recruter ? Ou une référence aux difficultés à attirer de nouveaux enseignants ? Depuis plusieurs années, le nombre de candidats aux concours de l’enseignement primaire ou aux concours d’instituteurs diminue. Cette année 2022 ne fait pas exception. Au contraire, selon Elise Caberan, la secrétaire nationale du syndicat des enseignants de l’Onsa, il y a une “très grosse pénurie”.

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Si le ministère de l’Éducation indique actuellement vouloir attendre les chiffres définitifs une fois les oraux passés, certaines données illustrent une situation que de nombreux acteurs qualifient d'”inédite” et de “critique”. Pour les têtes de maths, par exemple, le nombre de candidats éligibles est cette année de 817, contre 1 076 en 2021, selon les premiers chiffres que Rue du Grenelle a accepté de dévoiler.

“Tout sera fait”

demandé par MédidispatchLes services ministériels assurent que “tout sera fait pour que chaque classe ait un enseignant à la rentrée de septembre”. « Nous sommes conscients des difficultés qui existent dans certaines disciplines, comme les mathématiques, ou dans certaines académies, mais nous nous attendions à cela et nous avons un groupe de personnes suffisant qui peut nous permettre de répondre aux besoins », affirme-t-on.

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Mais côté syndical, on reste sceptique et surtout inquiet. “Il est possible que les embauches massives de contractuels enrayent temporairement le problème, mais certainement pas à long terme”, soutient Elise Caberan. Françoise Lambert, secrétaire nationale du Sgen-CFDT, plaide qu’il faut se poser les bonnes questions : “Si on embauche de plus en plus de contractuels, qu’est-ce qu’on met en place financièrement et pédagogiquement pour que ça marche ?”

Les questions ont leur place dans les collèges et lycées, comme à l’école primaire où, selon Ghislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUIPP-FSU, « on va vers la catastrophe ». Là encore, “il y a très peu de candidats en termes de postes et de besoins”, déplore-t-elle. Selon les chiffres syndicaux, le nombre de candidats qualifiés pour chaque poste est passé de 1,07 en 2021 pour l’Académie de Versailles à 0,34 cette année.

réévaluation

Pour les représentants des enseignants, cette baisse des candidats qualifiés est aussi le reflet d’une image déformée de la profession. “Ces deux années de Covid-19 ont confirmé l’idée que les métiers de l’enseignement sont indésirables”, estime Alexis Torchet, secrétaire national du Sgen-CFDT. Gagner 1,1 fois le Smic n’est pas attractif pour les étudiants qui doivent désormais monter en Master 2 pour réussir le concours et peuvent ainsi s’ouvrir à d’autres opportunités de carrière.

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D’où l’importance de l’augmentation salariale réclamée par les représentants de la profession. Mais nous, au ministère, préférerions ne pas commenter cette affaire tant qu’un successeur à Jean-Michel Blanquer n’aura pas été nommé. Les syndicats quant à eux estiment que les promesses faites par Emmanuel Macron doivent d’abord être “identifiées et stoppées une fois pour toutes”, estime Elise Caberan. Et de prévenir : “Si la réévaluation est conditionnée à une charge de travail plus importante, ça ne marchera pas.”

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