Près d’un professionnel de l’éducation sur trois “ne trouve plus de sens” à son travail

Le Consortium Unsa Education publie la dixième édition de son barème annuel qui interroge les professionnels de l’éducation. S’ils disent toujours aimer leur travail, ils sont moins nombreux à se dire heureux, avec un désaccord croissant avec la politique gouvernementale.

Peu d’enseignants se sentent respectés et valorisés dans leur profession © AFP / Aline Morcillo / Hans Lucas

« Réformer plutôt qu’insister » : telle est la devise de l’Unsa Education qui publie les résultats de son dixième barème pour les métiers de l’enseignement, de la recherche et de la culture. Selon le syndicat des enseignants, qui a recueilli 42 836 réponses de toutes les professions enseignantes (un record, selon le rapport), l’évolution entre le premier quinquennat de Macron et aujourd’hui est très nette : 87 % des répondants déclarent être en désaccord avec les choix politiques faits dans leur secteur d’activité, contre 65 % il y a cinq ans.. Lorsqu’on leur demande quels mots décrivent le mieux leur état d’esprit, les mots qui apparaissent en tête sont « incertitude », « fatigue » et « colère ».

Moins d’un salarié sur cinq recommanderait son emploi à un jeune

La maladie est également en augmentation : en 2016, 46 % des employés ont déclaré se sentir valorisés et respectés. Six ans plus tard, ils ne sont plus que 27 %. Globalement, le taux de répondants se déclarant heureux d’exercer leur métier a légèrement diminué, passant de 80 % en 2017 à 74 % en 2022.. Et seuls 59% des sondés ont déclaré attendre quelque chose du prochain gouvernement, témoignant d’un espoir quelque peu limité.

Ainsi, 92% des personnes interrogées déclarent aimer leur métier… mais il y a de plus en plus de signes de faiblesse : 29% déclarent ne plus trouver de sens à leurs tâches, alors qu’ils n’étaient “que” 21% en 2017. Et seulement 22 % recommanderaient leur emploi à un jeune homme ou une jeune femme aujourd’hui : c’est 15 points de moins qu’il y a cinq ans. “C’est inquiétant, car on voit qu’ils sont moins contents. C’est un point d’appui, il faut absolument y travailler : il faut arranger les choses, il y a eu de vraies fissures dans ce quinquennatFrédéric Marchand, secrétaire général de l’Unsa Education, analyse.Ça tombe bien, nous sommes au début d’un quinquennat qui commence : il faut, dans la concertation, dans la construction, créer les moyens de mieux connaître les salariés‘, il ajoute.

Le pouvoir d’achat et le niveau des étudiants sont au cœur des préoccupations

Le pouvoir d’achat est, de loin, la première préoccupation des salariés interrogés, suivi de la charge de travail et des perspectives de carrière – et c’est un top 3 qui, lui, est inchangé par rapport à 2017.”Le trio ne change pas, mais chaque inquiétude est plus forte : Un choc s’impose sur la question de la réévaluation, pour tous les individusFrédéric Marchand explique. En conséquence , 38% des répondants ont déclaré qu’ils changeraient d’emploi pour rester dans le secteur public, et même 29% pour aller dans le secteur privé (Encore une fois, l’amélioration d’il y a dix ans est une énorme amélioration, 10 points de plus qu’il y a cinq ans.)

Parmi les sujets thématiques choisis par les répondants, il y a aussi le niveau général, dont 48% estiment qu’il devrait être en tête des priorités des politiques éducatives. “Mais il y a aussi d’autres sujets qui se démarquent, comme la question de l’orientation ou du climat scolaire, et les grands sujets du moment comme l’inclusion, la mixité sociale ou les enjeux environnementaux.“, Des sujets que certains manquent du débat présidentiel, note Frédéric Marchand. “Nous devons créer les conditions d’une discussion pacifique sur ces sujets“, conclut ,”Pour raffermir le lien avec les salariés, et leur donner le temps de construire avec eux“.

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