Retour des examens du ministère | Tests dilués, pondération revue à la baisse

Les élèves du primaire et du secondaire renouent ces jours-ci avec les examens du ministère annulés depuis deux ans. Ils travaillent sur des tests avec moins de contenu qui auront moins d’importance pour la note dans le bulletin.

Posté à 5h00

Marie-Yves Moras

Marie-Yves Moras
Journalisme

Le ministère de l’Éducation nationale confirme, que ce soit en mathématiques, en français, en histoire, en sciences ou en anglais, que les épreuves obligatoires que les élèves passeront cette année se distingueront en étant « en adéquation avec les apprentissages qui seront priorisés ».

En raison de la pandémie, le gouvernement a choisi les connaissances de base de deux ans que les enseignants devraient prioriser pour “favoriser la progression des élèves au niveau supérieur”.

Dans les écoles primaires et secondaires, les examens obligatoires du ministère se concentrent sur ces leçons.

« Parce que les enseignants se sont appuyés sur ces connaissances, [le ministère de l’Éducation] Nicole Mooney, professeure au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Chicôtime, explique qu’il faut adapter les examens ministériels pour que les étudiants ne se retrouvent pas avec un contenu qu’ils n’ont pas vu en profondeur.

Examens courts primaires

Le ministère de l’Éducation cite l’exemple d’un test de lecture en quatrième année primaire. Au lieu d’évaluer comme d’habitude deux types de texte en français (texte courant et texte littéraire), les élèves n’auront à lire qu’un seul type cette année.

En sixième année, la durée des tests de mathématiques a été réduite à trois jours au lieu de cinq. “Ces examens sont toujours bons et durent au total 4,5 heures. Ils sont difficiles”, déclare la professeure Nicole Mooney.

Elle ajoute qu’ajuster les examens à l’apprentissage n’est pas une course vers le bas. Car même en définissant ce que les enseignants sont des connaissances “indispensables” de l’année scolaire, ils se rapprochent des autres. Mje Mooney cite les mathématiques comme exemple, où l’apprentissage de la multiplication a un impact sur l’apprentissage de l’addition.

Au lycée, le ministère de l’Éducation précise qu’il n’a pas réduit la durée des examens, mais maintient que les épreuves en mathématiques et en sciences doivent être modifiées pour correspondre aux apprentissages qui doivent être priorisés.

Moins de poids

La pandémie permettra de revoir ces tests individuels souvent décriés, mais elle rendra difficile leur comparaison avec les résultats obtenus par les élèves les années précédentes. Car en plus du contenu, la pondération de ces tests a été considérablement réduite.

Les tests qui représentent 50% de la note finale, comme c’était le cas avant la pandémie, “sont discutables”, estime Nicole Mooney.

Premièrement, il faut penser que si un élève n’est pas en forme le jour de l’examen, il joue une bonne partie de son année si la pondération est trop élevée. De plus, souligne la professeure, tous les environnements scolaires ne sont pas créés égaux : il suffit de penser aux environnements mal desservis ou aux réseaux publics et privés, dit-elle.

“L’élève est-il dans une classe plus faible ? Son professeur est-il tombé malade au bout de quatre mois et il avait trois alternatives ?”, explique le professeur, qui voit qu’en allégeant le poids de ces examens, ils deviennent plus équitables pour tout le monde.

Afin de rendre justice aux cohortes qui ont commencé leur parcours scolaire pendant la pandémie, le gouvernement ne peut pas se permettre de revenir dans les années à venir, estime Mme.je Argent.

Un projet de règlement à l’étude au Québec prévoit le maintien de la pondération test pour l’année scolaire 2022-2023. “En plus de ces aménagements, il est proposé de revenir à l’organisation scolaire habituelle”, précise le ministère de l’Education.

Mje Mooney affirme qu’à la base, ces examens de fin d’année ont été créés pour se faire un « portrait du Québec », pour comparer les districts et les écoles, afin de mieux allouer les ressources du milieu éducatif.

Ressources à disposition des étudiants

Au niveau secondaire, les examens du ministère de l’Éducation ont débuté début mai et se poursuivront jusqu’à fin juin. Ils débuteront le mardi pour les élèves du primaire. Chez Alloprof, on constate qu’à l’approche de ces examens, il y a “une petite fébrilité” entre les élèves et leurs parents. « Il faut rappeler que ces tests ne sont pas des surprises ou des questions qui sortent d’un chapeau : nous faisons le point sur ce qui a été appris au cours de l’année », confirme Annie Harvey, du discours d’Alobrov. Traditionnellement, le nombre d’appels à Alloprof augmente à l’approche des examens ministériels. Mais Annie Harvey rappelle que nous n’en sommes encore qu’au début de cette série de tests. “On sait que les jeunes ne se préparent pas à l’avance…” rit-elle. Pourtant, l’organisation est prête : depuis la mi-mars, 60 000 étudiants ont répondu aux questions.

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  • 20%
    Tests de pondération en primaire et secondaire avant la pandémie

    Source : ministère de l’Éducation

    dix%
    Préférence pour les examens aux niveaux primaire et secondaire en 2022

    Source : ministère de l’Éducation

  • 50%
    Préférence pour les examens des quatrième et cinquième cycles du secondaire avant la pandémie

    Source : ministère de l’Éducation

    20%
    Préférence pour les examens de quatrième et cinquième secondaire en 2022

    Source : ministère de l’Éducation

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