Grande émotion au lycée Simone-Veil de Brive (Correz), après qu’un élève ait agressé l’enseignant

« En attente de commentaire. » La décision, rendue le 8 juin par la commission de discipline du lycée Simone-Veil, à Brive, à l’encontre d’un élève de première, interroge les couloirs. Ce dernier avait agressé un professeur d’éducation physique et sportive le 19 mai. Une victime de leçon dont Kristen Austin se souvient encore.

“C’était en fin de journée. Les élèves ont été évalués en athlétisme. Après le premier test, l’élève est allé s’asseoir, puis est parti pour le gymnase. Je devais m’assurer de l’évaluation, j’ai envoyé un élève dispensé à lui ai demandé de revenir, ce qu’elle a refusé », se souvient l’enseignante.

L’élève qui refuse de participer

L’altercation s’est produite quelques minutes plus tard, lorsque l’étudiant a demandé à rejoindre le vestiaire. J’ai attrapé les clés sans permission. Je lui ai demandé de me le rendre, et c’est là qu’elle m’a poussé à la gorge. Malgré tout, elle a réussi à prendre les clés, sans violence, pour les poser sur une chaise. C’est là que j’ai reçu un deuxième coup au menton. Quand je suis tombé, ma tête a heurté le mur”, explique le professeur, qui lui a prescrit un traitement ITT pendant trois jours. “Je suis sous le choc. Je ne peux pas retourner travailler. Je n’avais pas droit à une explication pour ce retard accordé par la Commission. Je dois continuer à travailler avec mes agresseurs”, a déclaré Kristen Austin, qui a porté plainte au poste de police de Brave, mise en examen pour violences aggravées, quatre jours après l’incident.

“Coup de pied de pénalité lourd”

“Le licenciement avec sursis est la deuxième sanction la plus lourde que peut prononcer la commission de discipline, rappelle Frédéric Rainier, directeur adjoint de l’école, qui ne veut rien minimiser. Cette affaire se déroule dans un contexte particulier. Et une médiation a déjà été menée devant des faits entre l’élève qui souffre d’un parcours de vie difficile et l’enseignante. Après les faits, l’établissement a soutenu la professeure dans sa volonté de porter plainte”, confirme le directeur adjoint de l’école.

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un cas “difficile”

La décision de la commission de discipline a provoqué un tollé au sein de l’équipe pédagogique de l’établissement. “La direction nous a fait comprendre que c’était plus difficile qu’il n’y paraissait, sans pouvoir nous en dire plus sur les discussions qui ont eu lieu, car elles devaient rester confidentielles. La décision a été prise collégialement.”

Au scrutin secret, mais la faculté ne comprend pas. Cet élève retournera à l’école. Comment explique-t-il son existence aux autres étudiants, à la communauté éducative, alors que d’autres ont été moins laissés pour compte ? demande Joëlle Battin, l’éducatrice syndicale au Snuep-FSU.

Pour éviter d’affronter son agresseur, la prof d’éducation physique a songé à changer d’établissement. Mais le délai pour les demandes de transfert est expiré. L’arrêt maladie de l’enseignant, toujours très choqué, a été prolongé jusqu’à la fin de l’année scolaire. Du côté de l’école, on assure que “tout sera fait pour qu’il n’y ait pas de convergence entre les deux parties dans le cadre professionnel”.

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