“Les épreuves laissent peu de place à l’écriture créative et personnelle”

Jeudi 16 juin, de 14h à 18h, les élèves de première année des filières générales et technologiques passent les épreuves écrites prévues du Baccalauréat français. Au programme, un travail écrit en vingt points dans lequel les élèves ordinaires ont le choix entre un commentaire de texte et un essai ; Ceux du courant technique entre un commentaire dirigé et un rétrécissement du texte suivi d’un article. Si l’épreuve est sortie relativement épargnée de la réforme du bac, les quelques modifications qui y ont été apportées ne font pas l’unanimité. Vivien Youkes, présidente de l’Association française des professeurs de langue française (AFEF), qui regroupe de nombreux enseignants, du primaire à l’université, parle du baccalauréat français “Traditionnel” et d’autres “élite” qu’avant.

A votre avis, depuis la réforme du baccalauréat, quelle place occupe le test de français avancé dans l’examen ?

Premier examen du baccalauréat auquel les élèves doivent faire face, le baccalauréat français revêt pour eux une forte valeur symbolique. Puisqu’il s’agit désormais du seul test de premier ordre de premier ordre, le test de drapeau qui existait auparavant pour les séries L et ES a disparu en même temps que les deux. D’une part, cette épreuve met la pression sur les enseignants et les élèves qui, comme toujours, doivent s’y préparer tout au long de l’année, ne pouvant supporter les activités plus libres ou plus créatives qui régnaient en second lieu. En revanche, cette échéance importante oblige les étudiants à travailler dur sur ce sujet en première année. Si les épreuves écrites et orales ne sont pas bouleversées par la réforme du baccalauréat, on regrette qu’elles soient devenues plus rigoureuses, et les programmes plus traditionnels.

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Comment les logiciels sont-ils devenus plus traditionnels ?

Il est devenu très lourd au début, malgré les facilités accordées après que de nombreux enseignants s’en soient plaints. Jusqu’en 2019, il y avait des “matières d’études” obligatoires comme aujourd’hui (théâtre, poésie, romans, littérature d’idées), mais les oeuvres à travailler dans chacune étaient bien laissées au choix des professeurs, seules des indications étaient données.

Si le programme des travaux obligatoires est intéressant dans la mesure où il permet de donner une culture commune à toute une génération, « cadrant » ce qui est traité en classe, quantité et travaux choisis (douze au total, pour quatre matières), organisés chronologiquement et étant majoritairement “classiques”, ne permettent pas de connexions ou de tours pour s’adresser aux étudiants, comme nous le faisions dans le passé. En classe, il est parfois plus facile de commencer par des travaux très contemporains, pour que les élèves se sentent plus à l’aise, puis de passer à des travaux classiques. Mais pour cela, vous avez besoin de liberté et de temps. Beaucoup de jeunes lisent peu en dehors de l’école, et pour eux le travail effectué en classe, lorsqu’il est varié, peut déclencher une dotation personnelle de lecture, et leur donner envie.

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Que pensez-vous des épreuves écrites du baccalauréat français sur lesquelles travaillent les élèves aujourd’hui ?

En raison de la crise sanitaire, nous n’avons en réalité qu’un an de recul sur les modifications qui ont été apportées en 2019. Nous sommes de ceux qui ont protesté contre la disparition de l’exercice d’écriture d’invention. Celui-ci, que certains collègues ont parfois eu du mal à apprécier, a été choisi par deux types d’étudiants : soit la jeunesse assez douée, “littéraire” et créative, qui l’a préféré à l’essai ou au commentaire, plus standardisés. Ou, au contraire, des étudiants plus difficiles, pour qui l’invention semblait abordable, grâce à laquelle ils ont pu « se rattraper », parfois avec une agréable surprise.

Mais un choix politique a été fait de donner le privilège, à chacun, du grand exercice classique et traditionnel, là encore, qu’est la thèse. Il a clairement un intérêt littéraire irremplaçable. Mais c’est un exercice difficile, nécessitant de maîtriser l’argumentation, de s’appuyer sur les affaires, de nouer des liens, etc. Cela nécessite un apprentissage approfondi pour mettre tous les élèves sur un pied d’égalité. Il en va de même pour le commentaire de texte, qui est aussi l’exercice dit de “flou”, où il faut “écrire sur quelque chose”, laissant peu de place à l’écriture créative et personnelle. Ces deux exercices historiques, bien adaptés à telle ou telle élite scolaire, sont-ils suffisants et adaptés à la diversité des publics qui existent aujourd’hui dans nos classes ?

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